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La soie, une histoire millénaire

La soie, une histoire millénaire

La soie est très présente dans la mythologie asiatique. Tissu luxueux et convoité, les chinois ont gardé pendant plus de trois millénaires le secret de sa fabrication. Dans l’antiquité, les romains appelaient les chinois « Sères », littéralement ‘peuple de la soie‘. C’est seulement à partir du VI ème siècle de notre ère que l’Europe a commencé à produire de la soie. Parvenu au stade de l’industrialisation, l’Europe du XIXeme siècle devance la production asiatique, avant que le vers à soie européen ne soit touché par une épidémie. La production de la soie est redevenue aujourd’hui essentiellement asiatique.

 

Si les techniques ont progressé, la soie reste un tissu de luxe. Il représente moins de 1% de la production de fibre textile au niveau mondial.

 

 

La déesse de la soie : la princesse Xi  Ling Shi

 

Selon la légende chinoise, la princesse Xi  Ling Shi buvait du thé sous un murier quand un cocon tomba dans sa tasse. Un fil dépassait du cocon, elle tira dessus, déroulant un fil qui ne paraissait pas avoir de fin. C’est ainsi que le premier cocon de soie fut dévidé. Elle eut l’idée de tisser ce fils. Elle planta des muriers dans son jardin et étudia le fonctionnement du vers à soie. Ce fut la première à développer la sériciculture. La princesse est restée dans la mythologie chinoise comme la déesse de la soie.

 

 

Les historiens estiment que l’utilisation de la soie remonte à 4 500 ans av JC environ. A ce jour, les soies les plus anciennes qui ont été retrouvées datent de 3000 av. JC ; ce sont des rubans ou des fragments de tissu uniquement de couleur rouge.

 

Les Chinois ont gardé le secret de la production de la soie, un décret disposait de la peine de mort pour quiconque dévoilait le processus de fabrication. La soie n’a pas franchi la muraille de Chine pendant plusieurs millénaires.

 

 

La route de la soie

 

C’est seulement 1 ou 2 siècles après Jésus-Christ que la soie traversa les frontières et donna naissance à ce que l’on appela plus tard « la route de la soie ». Plusieurs versions de ce voyage existent ; pour certains ce serait l’empereur Justinien qui envoya deux moines en Asie en 552 et ces derniers auraient ramené des graines de vers à soie cachées dans un bambou ; pour d’autres ce serait l’empereur Han Wu (IIème siècle après JC) qui envoya des ambassadeurs, munis de présents tel que la soie, vers l’occident. La soie voyagea ensuite dans le monde entier et plus particulièrement en Asie et au Proche Orient.

 

route de la soie

 

 

L’expression « Route de la soie » date du XIXe siècle , on la doit au géographe allemand Ferdinand von Richthofen. Sous ce nom générique sont en réalité désignées un certain nombre de routes qui reliaient autrefois la Chine à l’Empire romain. La longue et sinueuse route de la Soie qui traverse le nord-ouest de la Chine est riche d’une histoire de plus de deux mille ans. Cette route antique part des anciennes capitales impériales que sont Luoyang et Xi’an, traverse le fleuve Jaune à Lanzhou avant de s’engouffrer dans le « corridor du Gansu », s’étirant le long de la lisière du désert et de hautes chaînes de montagnes.

 

La soie a été choisie pour nommer ce réseau de routes commerciales comme symbole de ces échanges, car seuls les chinois savaient la produire, mais de nombreux autres produits transitaient sur cet axe commercial majeur. Les caravanes qui partaient vers l’est emportaient de l’or, des pierres et des métaux précieux, des textiles, de l’ivoire et du corail, alors que celles qui allaient en Occident étaient chargées de fourrures, de céramiques, de cannelle et d’armes en bronze.

 

Les caravanes partaient de Xi’an, empruntaient le corridor du Gansu puis contournaient le désert du Taklamakan par le nord au pied des hautes montagnes des Tian Shan ou par le sud au pied des Kunlun; ces deux routes étaient jalonnées de villes et caravansérails : au nord, Turfan, Urumqi, Karachahr, Koutcha, Aksou, Kashgar et au sud Dunhuang, Miran, Cherchen, Niya, Khotan, Yarkand. À partir de Kashgar et Yarkand, les pistes rejoignaient la Perse ou l’Inde à travers les hautes montagnes de l’Asie centrale, puis par la Sogdiane, la Bactriane ou le Cachemire. Peu de caravanes effectuaient l’intégralité du trajet et les marchandises étaient revendues le long de la route dans les oasis qui devinrent des centres de commerce très prospères.

 

Historiquement, on considère que la Route de la Soie a été ouverte par le général chinois Zhang Qian au IIe siècle av JC; l’empereur l’avait envoyé sceller une alliance avec les tribus situées à l’ouest du désert de Taklamakan. Alexandre le Grand s’était arrêté bien avant d’atteindre le Turkestan chinois. Les Romains, qui n’étaient pas mieux renseignés, étaient convaincus que les Sères récoltaient la soie sur les arbres. Les Parthes, les Sogdiens et les Indiens devinrent rapidement les principaux intermédiaires dans le commerce de la soie entre l’est et l’ouest, achetant le tissu aux marchands chinois qui l’acheminaient jusqu’à Dunhuang, et le revendant aux Syriens et aux Grecs. Chaque transaction augmentait considérablement le prix du produit qui aboutissait dans l’Empire romain par le biais d’intermédiaires grecs et juifs.

 

La soie chinoise arriva un peu avant notre ère chez les riches Romains (elle est mentionnée par Virgile). Et bientôt l’importance de la demande, le prix de cette importation de luxe entraînèrent dans maints pays les vitupérations des économistes et des moralistes… Et le désir, pour les pays acheteurs et consommateurs, de produire la soie eux-mêmes, pour les vendeurs intermédiaires, de détenir le monopole de son commerce.

 

Le secret de fabrication de la soie révélé en Europe.

Au VIe siècle, de notre ère, l’Empereur byzantin Justinien envoie deux moines en mission d’espionnage. Ils ramènent, cachée dans leur bâton de pèlerin creux, la recette miracle : les œufs du ver à soie. L’Empereur réussi dans son entreprise d’élevage du bombyx Mori . De Constantinople, la Sériciculture gagne la Grèce puis la Sicile, l’Italie, l’Espagne.

Vers la fin du VIIIe siècle, les routes maritimes qui reliaient le port méridional de Canton au Moyen-Orient étaient bien établies. L’art de la sériciculture avait été maitrisé par les Perses et, même si la soie ne fut pas produite en Europe avant le XIIe siècle, l’apogée de la Route de la Soie tirait à sa fin. La chute de la dynastie Tang au Xe siècle conduisit la Chine au chaos; à la même époque, des communautés entières dans les oasis disparaissaient suite au tarissement des sources. Les turbulences occasionnées par Gengis Khan et Tamerlan minèrent l’économie de la région. L’Asie centrale restera longtemps en dehors des préoccupations de l’Orient et de l’Occident jusqu’à l’arrivée des explorateurs russes et anglais au XIXe siècle.

 

 

Industrie lucrative, la soie atteint son age d’or en France au XVIIIeme siècle

 

Aux XIIe et XIVe siècles, les secrets de la fabrication de la soie sont bien maîtrisés. Au XVIe siècle, des ateliers de tissage de la soie sont très actifs à Tours et à Lyon, mais la France ne produit pas assez de fil de soie pour ces ateliers. Ainsi pour diminuer les importations de fil, Henri IV encourage la culture de mûrier et l’élevage du ver à soie en France. Il demande à l’agronome Olivier de Serres et Isaac de Laffemas d’être les artisans de ce développement. Ils font planter plus de 20 000 mûriers et introduisent d’immenses quantités d’oeufs de vers à soie. Les projets et décisions d’Henri IV sont si bien suivis que l’industrie de la soie s’implante véritablement sur le territoire. Des régions comme l’Ardèche sont bouleversées par la culture du ver à soie. Le pays est couvert de mûriers, de magnaneries et de moulinages. La soie est une activité très lucrative. L’industrie de la soie prospère et améliore sa technicité jusqu’à la Révolution en imposant sa qualité dans le monde entier. L’apogée de la sériciculture sera atteinte au début du XVIIIe siècle et marquera l’âge d’or des départements du midi. C’est vers 1750 avec l’invention du métier Vaucanson amélioré plus tard par la mécanique Jacquard, que la production augmente et atteint son apogée.

 

 

La production de la soie redevient essentiellement asiatique

 

En 1845, apparaissent les premières maladies du ver à soie. Parmi elles, on trouve la pébrine, causée par la bactérie Nosema bombycis. L’épidémie prend de l’ampleur et après avoir attaqué les vers, d’autres virus atteignent les mûriers. A partir de 1865, Louis Pasteur met en place diverses méthodes de prévention des maladies qui permettent de combattre la crise. La maladie étant héréditaire et contagieuse, il ordonne l’isolement des femelles malades et des oeufs infectés. Toutefois, le prix élevé des cocons et la diminution de l’importance de la soie dans l’habit bourgeois du XIXe siècle entraînent le déclin de l’industrie de la soie en Europe. L’ouverture du Canal de Suez en 1869 réduit en Europe le prix de l’importation de la soie venue d’Asie, en particulier de Chine et notamment du Japon qui entame son industrialisation.