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L’Ao Dai, entre tradition et modernité

Ao Dai, entre tradition et modernité

Le ao dai, vêtement emblématique du Vietnam, fournit un exemple remarquable de la façon dont les Vietnamiens ont répondu à la fois à la colonisation chinoise et française, en adoptant des éléments de cultures étrangères, et en les modifiant pour en faire des symboles vietnamiens.

 

 

La tenue traditionnelle jusqu’au début du 20ème siècle

 

Avant le XVe siècle, les femmes vietnamiennes portaient une jupe et un top licol, le tout couvert par une tunique de quatre panneaux longs à col ouvert. Ces tenues étaient brunes ou noires, accessoirisée avec des couleurs vives pour les grandes occasions.

 

De 1407 à 1428, la dynastie Ming chinoise occupant le Vietnam a contraint les femmes à porter des pantalons. Cette tenue réglementaire n’a pas été adoptée durablement puisque la fin de l’occupation chinoise s’est traduite par un retour au port de la jupe. La division du pays au XVII ème siècle a marqué les codes vestimentaires. La dynastie Nguyen du sud a imposé le port du pantalon de style chinois recouvert d’une tunique alors qu’au Nord les femmes continuent de porter des jupes.

 

En 1802, la famille Ming prend le contrôle du pays et l’empereur Minh Mang interdit aux femmes les jupes, contraire selon lui aux valeurs confucéennes. C’est à la cour des seigneurs Nguyen à Hue que le nom « áo dài » a été donné au pantalon recouvert d’une grand tunique. Ce vêtement a évolué en Áo Ngu Thân , une robe de cinq panneaux porté dans le 19ème et début du 20ème siècle. Ces robes mixtes portées jusque dans les années 1920 recouvraient le corps sans laisser transparaitre la silhouette, dans une tradition confucianiste de pudeur.

 

 

Vietnam culture Ao dai

Carte postale du début du 20ème siècle – les hommes et les femmes portent des robes à cinq pans

 

 

 

Modernisation du style à partir des années 20

 

Au lendemain de la première guerre mondiale, sous l’influence du « retour de France » — expression vietnamienne pour parler des soldats indochinois ayant servi sur le front pendant la guerre 1914 18 – les hommes citadins se coupent les cheveux à l’européenne et adoptent le complet veston. Les femmes également changent leurs tenues, les couleurs sont plus claires et variées et, les tissus s’allègent.

 

Vietnam culture Ao dai

Jeunes femmes à la fin des années 20

 

 

 

 

Le modèle Lemur

 

Le réel changement intervient dans les années trente avec le áo dài moderne. Ce nouveau style vestimentaire est créé par de jeunes gens formés à l’École des Beaux-Arts de Hanoi, fondée en 1924. Le principal de ces créateurs de mode est Nguyễn Cát Tường. Ce couturier signe ses créations d’un nom à la française, Lemur (son nom, tường, signifie « le mur »). Ce promoteur de la nouvelle mode féminine a ouvert un magasin au 16 rue Lê Lợi à Hanoi. Associé aux mouvements artistiques et littéraires, il a su diffuser ses modèles dans les milieux aristocratiques, relayé par la presse.

 

Contrairement aux grandes tuniques traditionnelles, les modèles de Lemur sont dessinés et taillés pour mettre en valeur la silhouette féminine. La tunique est désormais constituée de deux pans en soie, cousue sur mesure au plus près du corps. Ils sont cintrés pour souligner la taille et des pinces marquent la poitrine – en liaison avec l’adoption du soutien-gorge. Les fentes de la tunique remontent de côté des hanches à la taille pour mieux dévoiler le pantalon qui, lui aussi, épouse désormais étroitement le bassin en soulignant les fesses et les hanches. Un triangle de peau est discrètement visible sur les cotés au niveau de la taille, au dessus du pantalon, au niveau de l’ouverture de la tunique.

 

 

Vietnam culture Ao dai

Le charme subtile de la taille suggérée par l’espace entre le pantalon et l’ouverture de la tunique sur les côtés.

 

 

 

Malgré le rejet initial des communistes, l’Ao Dai s’est affirmé comme symbole de la culture vietnamienne

 

Au départ de la France en 1954, considéré comme bourgeois et d’inspiration coloniale, les dirigeants communistes ont rejeté le Ao Dai moderne. Malgré cette disgrâce officielle, cette tenue a continué d’être portée pour les jours de fêtes, notamment par Vietnamiens ayant immigrés, comme symbole de leur héritage culturel.

 

Dans les années 1990, l’assouplissement du régime a permis un retour général de l’Ao Dai, devenu symbole de l’identité vietnamienne. L’Ao Dai blanc est aujourd’hui l’uniforme des lycéennes, et les entreprises vietnamiennes en font également un uniforme à leurs couleurs.

 

 

Vietnam culture Ao dai soie

L’uniforme des lycéennes vietnamiennes

 

 

 

Vietnam culture Ao Dai

L’uniforme des hotesses de Vietnam Airlines

 

 

Vietnam culture Ao Dai

L’Ao Dai permet une grande liberé de mouvements

 

 

 

L’Ao Dai inspire les créateurs du monde entier

 

Ralph Lauren, Richard Tyler, Claude Montana, Calvin Klein et Giorgio Armani pour ne citer qu’eux ont présenté des modèles proches de l’Ao Dai. Les créateurs de mode ont reconnu dans le jeu subtile entre la robe et le pantalon,  dans l’alliance de l’élégence et du confort, une tenue séduisante et résolument moderne.

 

Vietnam culture Ao Dai

Ligne épurée inspirée des Ao Dai – Calvin Klein Collection Automne Hivers 2011-2012