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Mode Ethique

L'industrie de la mode face aux questions ethiques

Pourquoi cette étude?

En 2006, je vivais au Vietnam et j’ai vu une manifestation d’ouvriers du textile réclamant des augmentations de salaires. Je me souviens qu’ils avaient obtenu, suite à leur mouvement de grève,  l’équivalent du prix d’une canette de coca en plus tous les mois (mon repère de consommatrice de l’époque). Mon placard étant rempli exclusivement de Zara, H&M, Gap, et autres, cela m’a marqué.

 

C’est aussi au Vietnam que j’ai découvert une ONG et son atelier qui conjuguaient confection textile, engagement social et une certaine rentabilité. En 2012, j’ai créé ma marque de mode en partenariat avec eux. Je savais que les grandes marques de distribution textile étaient loin d’être exemplaires, et que les salaires des ouvrières étaient ridiculement bas. Les discours sur la RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise), et la croyance, sur le long terme, au développement des pays émergents grâce au textile, me rendaient optimiste, et je croyais que, depuis mon séjour au Vietnam, « les choses évoluaient dans le bon sens ».

 

Le 24 avril 2013, effondrement du Rana Plaza, 1127 morts, plus de 2 000 blessés, la crèche du rez-de-chaussée, accueillant les enfants des ouvrières, écrasée. Une horreur intolérable, pour des vêtements…

 

Au-delà de l’indignation immense, les interrogations ? Pourquoi ? Comment est-ce possible d’en arriver là ?  Même avec une approche purement cynique, les marques de mode impliquées comme Primark ou Benetton dépensent des millions en communication pour leur image de marque. Quel est leur intérêt de risquer ce capital en n’assurant pas une chaine d’approvisionnement respectable ? Même sans drame aussi terrible, avec Internet, tout se sait, et vite…

 

Mes premières recherches ne m’ont pas permis de répondre à ces questions, et les analyses que je trouvais dans la presse ne correspondaient pas à mon expérience de terrain au Vietnam. Je trouvais la formule « le consommateur doit accepter de payer plus cher », à la fois injuste, culpabilisante et loin d’épuiser la question.

 

Une longue liste de questions, une envie de partager mon expérience et d’agir pour que cela n’arrive plus, m’ont conduit à appeler Sciences-po pour proposer ce sujet d’étude et j’ai eu la chance de travailler avec 5 étudiants.

 

L’objectif de cette étude est de traiter le sujet de la mode aujourd’hui dans sa globalité, comprendre les mécanismes qui ont abouti au désastre du Rana Plaza pour que cela n’arrive plus. Avec les étudiants, nous avons tenté d’apporter une réponse à toutes ces questions.

 

Il s’agit donc d’une étude grand public, et j’espère que les réponses qu’elle apporte contribueront à faire progresser le sujet.